Allocution de M. le Préfet de Région Préfet de région Alsace Champagne Ardenne Lorraine, Préfet du Bas-Rhin à l’occasion des vœux aux personnalités

 
 

Jeudi 7 janvier 2016

Madame et Messieurs les Ministres, Mesdames, Messieurs les parlementaires, Mesdames, Messieurs les parlementaires européens, Monsieur le président du Conseil régional, Monsieur le président du Conseil départemental, Monsieur le Maire de Strasbourg, Monsieur le Président de l’Eurométropole, Mesdames et Messieurs les présidents de juridiction, Monsieur le recteur, Monsieur les Officiers Généraux, Messieurs les représentants des Cultes, Messieurs les Présidents d’Université, Messieurs les Conseillers Régionaux et Départementaux, Mesdames, Messieurs les maires, Mesdames, Messieurs les présidents d’intercommunalités, Mesdames, Messieurs les chefs de service de l’État, Messieurs les présidents des chambres consulaires, Mesdames et Messieurs les chefs d’entreprises, Mesdames, Messieurs les présidents d’associations, Mesdames, Messieurs les Préfets, Sous-Préfets, Chers collègues

Mesdames, Messieurs,

Je vous souhaite la bienvenue dans cette préfecture – dans votre préfecture – pour cette rencontre annuelle et républicaine, à laquelle je suis sincèrement attaché. Vous nous faites, à mon épouse et moi-même, l’honneur d’être à nos côtés ce soir et je veux vous présenter, en mon nom, au nom des membres du corps préfectoral, et au nom de l’ensemble des services de l’Etat dans le Bas-Rhin et dans la Région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine nos vœux les plus sincères de bonne et heureuse année.

Permettez-moi de commencer par une confidence : cette manifestation et pour nous, pour moi, une triple première :

  •  c’est la première fois que j’ai le plaisir dans cet hôtel préfectoral de m’adresser à vous, dans cette formation, depuis mon arrivée à Strasbourg cet été ;
  •  c’est la première fois que j’ai l’honneur de le faire en qualité de préfet de la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine et préfet de la zone de défense Est
  •  c’est enfin la première fois depuis longtemps, me dit-on, qu’un préfet prend la parole lors de ses vœux aux corps constitués. Ce n’était pas la tradition semble t'il. Je souhaite que cela devienne une coutume, qui comme le savent les juristes est une règle, ancienne ou nouvelle, reconnue comme un principe à respecter et qu’aucune pratique ne viendra démentir…

Nous verrons donc l’an prochain si c’est une coutume.

Mesdames, Messieurs,

Il est au moins trois raisons majeures de parler devant vous

- l’occasion, d'une part, de m’exprimer dans une nouvelle responsabilité régionale en vous donnant quelques un des jalons, des lignes d’action, des méthodes de travail de l’État en région avec le recul modeste, certes, de 7 jours de fonctions, mais l’élan tout de même des quelques mois de préfiguration.

  •  la nécessité, d'autre part, d’exprimer la détermination de l’Etat territorial à assumer toute sa responsabilité et de jouer tout son rôle face aux menaces et aux risques de toutes natures dans les circonstances exigeantes et assurément tragiques qu'a connu notre pays en 2015

L’année 2015 a été spécialement dure pour notre pays frappé par d'abjects attentats terroristes, il y a un an jour pour jour à Paris contre la rédaction de Charlie Hebdo à Montrouge, à l'Hyper Cacher Porte de Vincennes puis à St Quentin Fallavier. Le 13 novembre à Saint-Denis et à Paris et par d'autres actes aujourd'hui même encore à Paris. Les terroristes ont cherché à atteindre nos libertés essentielles, nos valeurs communes - la liberté d’expression - , celles et ceux qui incarnent l’État Républicain et le protègent, notre jeunesse, tout un chacun, policiers, policiers municipaux, militaires.

Nos pensées, nos émotions, notre compassion fraternelle vont aux victimes de ces actes révoltant, à leur proches.

Nos pensées ce soir se joignent aussi naturellement à l’hommage que le chef de l’État a rendu ce matin à Paris aux forces de sécurité policiers, gendarmes, militaires, douaniers, policiers municipaux et nous leur exprimons notre reconnaissance. Leur action de tous les jours, celle des services de secours ont été, et sont toujours, extrêmement mobilisatrice et terriblement exposantes. Les services de renseignement aussi, je peux en attester, dans notre département, n’ont pas ménagé leurs efforts.

La mise en œuvre des contrôles aux frontières, les mesures de protection dans le cadre du plan Vigipirate, l’application de l’État d’urgence, ont démontré dans notre département l’engagement total de nos forces de sécurité en partenariat étroite avec la police municipale, comme peuvent en attester Monsieur le Maire de Strasbourg et Monsieur le Président de l'Eurométropole.

Nos actions, nous devons à les conduire avec le plus grand souci d’efficacité, et à user à bon escient des compétences propres liées à l’état d’urgence, en lien avec le Procureur de la République, avec proportionnalité et sous contrôle du TA. J’y veille personnellement,

Nous continuons à y veiller, comme l’exigent les circonstances, en ayant, je l’ai souligné lors de l’ assemblée générale des maires du Bas-Rhin, le souci d’associer au mieux les élus aux actions absolument nécessaires, notamment pour la prévention de la radicalisation, et ce afin de lutter contre les dérives de ceux qui cherchent à s’extraire du cadre des valeurs communes de la République et à créer des dissensions.

Mais si l’action de la force publique est déterminée, c’est aussi parce que notre pays a toujours montré sa volonté de se tenir debout, de résister, de répondre à la menace par l’expression individuelle et collective d’attachement à ce qui fonde notre République et de soutien à ceux qui la servent. Nos belles couleurs nationales, notre devise constitutionnelle sont dans tous les rassemblements qui expriment ce soutien.

La République c’est chacun de nous.

L’État, ses représentants en sont l’expression régalienne. La place de l’État a été fondatrice, elle reste centrale mais n'est pas, et ne saurait être, exclusive bien sûr. Je le dis devant tous les responsables de collectivités ici présents.

Selon la belle expression de Pierre NORA, l’État est "l’opérateur de lidentité nationale, linstrument de la conscience et le foyer de la permanence de la Nation". La France, l’a rappelé le Président de la République, s’est en effet construite autour de l’État et à partir de l’État. C’est donc à l’État, ensemble avec les collectivités territoriales et la société civile que vous représentez, de bâtir constamment une réponse efficace aux attentes de cohérence territoriale, sociale et de sécurité de nos concitoyens.

"D’abord protéger les Français.", le Président de la République l’a dit il y a deux jours ; c’est La priorité. La persistance d’une menace grave a poussé le Gouvernement au maintien de l’état d’urgence et le Parlement aura a se prononcer sur les mesures à inscrire dans la constitution ainsi qu'à renforcer les moyens juridiques nécessaires pour la justice, les services de police et gendarmerie afin de répondre en temps réel aux situations urgentes et exceptionnelles qu'elles rencontrent aujourd'hui car nous sommes dans un état de droit. Mais l’état d’urgence ne peut pas être un régime permanent et les mesures de sécurité ne peuvent être pleinement efficaces que si l’on maintient collectivement un haut niveau de vigilance. Il appartient à chacun d’entre nous de prendre ses responsabilités pour contribuer, selon ses compétences, à l’effort commun.

En tant que préfet de la zone de défense Est, qui comprend aussi la région Bourgogne- Franche-Comté, la sécurité publique et la sécurité civile sont au cœur de mes priorités avec mes collègues préfets de département. Dans les épreuves, les français, au-delà même de leurs sensibilités, se tournent vers nous.

Quand ils sont démunis, éprouvés, c’est la force de l’État, sans même emprunter à la théorie de Hobbes, qui apparaît comme l'ultime recours face aux catastrophes naturelles et à la guerre de tous contre tous.

Avec les présidents des conseils départementaux, avec les maires, nous sommes à l’écoute des habitants de nos territoires. Jean-Jacques Rousseau dans sa réflexion sur le Contrat Social fait de la satisfaction du besoin de protection et de sécurité et de l’exigence de légitimité démocratique des lois les deux éléments essentiels du pacte liant l’individu à la société, le citoyen à l’État.

Attachée aux valeurs des Lumières, la République depuis la Révolution, garantit l’équilibre entre ces deux intérêts fondamentaux. Garantir aux citoyens, dans le respect des lois, un cadre de sécurité leur permettant de jouir des libertés publiques est la condition première du vivre ensemble. Nous sommes à Strasbourg capitale européenne où siège la Cour Européenne des Droits de l’Homme, où vous organisez, Monsieur le Maire, le Forum Mondial de la Démocratie, où l’Histoire nous a appris à conjuguer les différences et non plus à les opposer.

Conjuguons donc les atouts de nos trois régions historiques dans un nouvel ensemble plus solidaire, plus ambitieux, plus durable pour répondre à l’interpellation du Président de la république lors de ses vœux aux français sur « l’état d’urgence économique et social » du pays, faisant référence à l’état de précarité qui touche encore une partie trop grande de nos concitoyens. C’est aussi en créant et en maintenant le lien social sur nos territoires que nous empêcherons les dérives qui conduisent nos jeunes à se radicaliser.

Mesdames, Messieurs,

Selon l’adage de l’empereur Justinien "nomina sunt consequentia rerum", "les noms sont les conséquences des faits". Le nom et donc l’identité de la nouvelle région ne pourront pas se faire indépendamment des caractéristiques et des identités des anciens territoires régionaux. Je n’oublie pas que je suis également le préfet du Bas-Rhin, un département alsacien, portant une identité singulière. J'ai appris en quelques mois à découvrir l'Alsace, ses forces, celles et

ceux qui en font la richesse, l'histoire, les particularités juridiques, historiques, géographies.

Terre historique de brassage et de passages, notre nouvelle région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine s’est construite entre mondes rhénan et romain, entre République, Royaume et Empire, entre catholicisme, protestantisme et judaïsme, de même qu’entre cultures allemande et française. Il est ainsi des thématiques patrimoniales communes au territoire, telles que les cathédrales, les abbayes, les cités minières, les villes à remparts, de même que le patrimoine militaire témoignage historique de tant de souffrances. Vous avez une histoire commune. Vous avez une histoire souvent commune. Vous êtes le territoire qui fait le lien entre la ville capitale et les voisinages européens frontaliers.

Les territoires de la région recèlent une diversité de paysages constitutive de l’identité régionale : les crêtes des Vosges offrent un panorama exceptionnel sur la plaine d’Alsace et les Alpes suisses ou le Jura ; les cotes calcaires et les buttes témoins sont des repères dans les vallées alluviales ; les coteaux viticoles caractérisent les villages alsaciens et champenois, les réseaux de haies et de prairies marquent également certains secteurs (Pays d’Othe, Champagne humide, Bassigny).

Il faudra bien se choisir un nom …c’est, comme la loi l'a prévu, une initiative qui revient au Conseil Régional.

Pour ma part, je prends l’engagement que les représentants de l’État seront à vos côtés dans la construction du nouvel édifice et vous assure de l’entière disponibilité de l’équipe régionale pour aller à votre rencontre et de notre « engagement au service de résultats » comme l’a demandé le Premier Ministre lors de ses vœux au gouvernement, gouvernement dont je suis le représentant auprès de vous avec mes collègues.

Nous nous sommes préparés, nous avons travaillé, depuis plusieurs mois, avec Nacer Meddah et Jean-François Savy, mes collègues préfets de régions, avec les directeurs régionaux d’Alsace, de Champagne Ardenne, de Lorraine. Certains sont partis vers un autre avenir et je tiens à leur rendre hommage ainsi qu’à mon prédécesseur Stéphane Bouillon, bien sûr.

Aujourd’hui nous disposons d’un diagnostic territorial de grande qualité qui met en valeur les potentialités et les enjeux de nos bassins de vie. A partir de cet acquis et de la connaissance préservée des équipes des directions régionales (car elles restent sur le terrain dans la nouvelle organisation) ainsi que des multiples rencontres qui ont eu lieu lors de la préfiguration, nous sommes en train de bâtir un projet stratégique de l’État pour notre région.

Il marquera notre engagement à servir tous les habitants, il dessinera les axes de progrès que nous poursuivons dans la continuité des choix faits lors des contrats de plan État Région et des programmes européens, il précisera nos objectifs dans les deux ans à venir pour mettre en place une stratégie de développement économique durable en partenariat avec le conseil régional, assurer une meilleure cohésion sociale et garder la cohérence des territoires en lien avec les conseils départementaux et les maires afin d’en développer l’attractivité avec et au-delà des agglomérations qui sont des lignes de force structurantes sur les axes nord-sud comme le pôle métropolitain Strasbourg-Mulhouse rejoint par Colmar pour renforcer sa visibilité dans la nouvelle région et dans l’espace du Rhin Supérieur. De la même manière que le sillon Lorrain, d'Epinal à Thionville en passant par la future Métropole de Nancy et par Metz.

Avec ces éléments de départ, je viendrai rapidement dans chaque département confronter cette vision prospective à vos projets et ce afin de l’affermir et de rentrer dans un dialogue constructif avec le conseil régional. Avec mes collègues préfets je rencontrerai les élus et les acteurs des territoires. Je viendrai avec les directeurs régionaux sur le terrain, là où se jouent l’avenir et le quotidien. J’ai bien conscience de l’inquiétude qui s’est exprimée et je veux en prendre pleinement la mesure. Je sais les interrogations de certains de nos concitoyens et je veux les comprendre.

Devant vous je dis à mes collègues qui s’en feront le relais auprès de chacun des fonctionnaires de leurs services, que nous ne resterons pas sans réagir à cette interpellation, que nous devons faire preuve d’une efficacité renouvelée, que l’État en région doit se construire sur de nouvelles bases.

Les préfectures, les sous-préfectures et les Maisons de l’État, les unités départementales des directions régionales et les directions départementales interministérielles sont les acteurs de terrains des politiques publiques dont ils adaptent la mise en œuvre à la spécificité des bassins de vie. Je ne déciderai pas à Strasbourg de la politique de l’emploi à Varennes en Argonne car il y a des sous-préfets et des directeurs de Pôle Emploi pour réunir les acteurs locaux avec les élus et déterminer les moyens appropriés. Mais nous apporterons à l’échelon départemental l’expertise régionale et une plus grande capacité à concentrer nos efforts pour obtenir des résultats décisifs. Pour ce faire nous devons pouvoir nous appuyer sur de véritables projets de territoire. Le travail que nous faisons mes collègues et moi-même avec les élus au sein des CDCI doit aboutir à la constitution d’intercommunalités fortes, pertinentes, visibles, économes des deniers publics et porteuses d’un projet collectif et ciment de la dynamique intercommunale. Je remercie Claude Sturni, rapporteur général de la commission départementale, de faire en lien avec moi ce patient exercice et de s’inscrire comme président de l’agglomération d’Haguenau dans cette démarche en menant un projet de fusion pour servir de moteur au nord Alsace.

Cet effort d’adaptation qui vous est demandé, Mesdames et Messieurs les élus, nous nous l’appliquons avec un double objectif  : assurer l’efficacité des services et l’équilibre des territoires.

Pour ce faire, les nouvelles administrations régionales se mettront progressivement en place jusqu’en décembre 2018.

Ainsi, nous nous mobilisons et nous conjuguons nos efforts pour permettre à nos territoires d’évoluer et de s’adapter :

  •  à une nouvelle réalité économique, celle d’un monde ouvert et concurrentiel où nos territoires doivent être en capacité de s’affirmer et de gagner en compétitivité au niveau européen et mondial.
  •  aux attentes des citoyens qui demandent légitimement plus de simplicité, de lisibilité et de transparence dans la conduite de l’action publique ;
  •  à un contexte budgétaire contraint qui doit nous amener à repenser notre organisation et notre action, pour plus d’efficience, en développant les synergies et les mutualisations.

Chacun peut mesurer les efforts qui sont demandés aux fonctionnaires pour repenser leurs organisations, mettre en place des pôles de compétences à partir des anciens sites des administrations avec des mobilités fonctionnelles importantes afin de garder l’équilibre territorial, travailler au sein d’un réseau élargi et acquérir la connaissance du nouveau périmètre régional.

Souvent "c’est parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas quelles sont difficiles" à dit Sénèque. Alors je vous propose de faire ensemble de notre région un territoire de projets.

Pour ne pas être attentiste et rester l’arme au pied lorsqu’il nous faut confirmer et amplifier la croissance favorisée par une conjonction économique porteuse sur le plan monétaire et avec la baisse des coûts de l’énergie. Pour dire aux entreprises que le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), la baisse des charges du Pacte de Responsabilité et de Solidarité et le fameux CIR (crédit impôt recherche), doivent être des leviers pour investir et créer de la valeur au service de l’emploi chez nous, ici, à nos portes.

Je remercie les chambres consulaires d’accompagner avec toute leur expertise reconnue les chefs d’entreprises qui osent, je remercie les agences de développement, et permettez moi de saluer particulièrement la fusion de celles du Bas-Rhin et du Haut-Rhin dans une nouvelle ADIRA, qui donnent envie aux investisseurs et aux créateurs d’aller de l’avant avec des cadres et des salariés bien formés.

Et surtout je vous remercie VOUS les chefs d’exploitations agricoles de Champagne, d’exploitations forestières des Vosges, les artisans qui nous font nous émerveiller avec les Olympiades des Métiers, le formidable mouvement coopératif si actif dans l’Est, les patrons de PME innovantes présents dans les 34 plans de la Nouvelle France Industrielle et les pôles de compétitivité, les responsables de filiales françaises qui font investir les groupes étrangers chez

nous, de croire dans le destin industriel et commercial de l’Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine dont le nom composé sonne comme autant de marques prestigieuses.

La bataille pour l’emploi

Avec sa position géographique transfrontalière et son rang de 5ᵉ région française l’ACAL prend place parmi les toutes premières régions industrielles et agricoles d’Europe. Elle est, d’ailleurs, la première région exportatrice par habitant de notre pays. Région la plus jeune par rapport à ses voisines européennes, elle attire maintenant les entreprises de ces pays en quête de main d’œuvre.

La nouvelle région regroupe des territoires doublement frontaliers. D’être à côté de quatre pays européens mais aussi de l’Île-de-France, de la Bourgogne-Franche-Comté et du Nord-Pas-de-Calais, c’est une double opportunité qu’il faut développer. Notamment à travers une stratégie d’attractivité pour les entreprises étrangères et nationales à partir de trois piliers : un réseau d’universités d’excellence très en lien avec les institutions des pays voisins et renforcé par le projet du campus européen, un foncier disponible à des coûts compétitifs et un très bon système de formation professionnelle dont le conseil régional est le moteur.

Dans ce domaine et en complément faisons de suite le projet avec les élus régionaux, les chefs d’entreprises et les syndicats de salariés de réussir notre part du Plan de formation de 500 000 demandeurs d’emplois.

Rester une région industrielle avec les emplois de demain

Nous sommes la deuxième région industrielle de France préparons nous à l’avenir en utilisant le numérique comme un levier de croissance de l’emploi et de disponibilité des services pour les territoires ruraux.

Faisons le choix d’aider au déploiement le plus large possible des usages du numérique et des imprimantes 3D par une infrastructure de qualité afin de nous préparer à la révolution industrielle de ce début du XXIeme siècle. L’État vient d’attribuer une enveloppe de plus de 140M€ à l’Alsace pour la réalisation de son réseau de fibre optique d’initiative public, en début d’année c’est la Moselle qui sera soutenue. Le pôle Métropolitain Strasbourg Mulhouse et le sillon lorrain sont déjà labellisés French Tech, ils sont le socle de l’écosystème du Numérique et le terreau du secteur des biotechnologies et des technologies médicales.

Utiliser la transition énergétique comme levier de croissance pour les territoires

Dans le sillage de la COP 21 qui a été un véritable succès pour la France donnons nous l’objectif d’ une région exemplaire dans le domaine de la transition énergétique. Miser sur la croissance verte, en donnant la priorité à la rénovation énergétique des bâtiments, c’est investir dans la création d’emplois non délocalisables. Le dispositif des territoires à énergie positive pour la croissance verte va dans ce sens. Dans notre région ont peut compter 60 TEPCV déjà validés. Suite aux déclarations du Président de la République de lancer un programme de grands travaux pour la rénovation des bâtiments je demande à mes collègues d’en faire la base de la participation de l’État aux projets de territoire des futurs intercommunalités. Je souhaite que chaque sous-préfet avec les DDT et les unités départementales de la DIRECCTE soient mobilisés sur cet objectif dont je ferai un thème majeur du séminaire régional qui les réunira en février.

Valoriser la production agricole

La région bénéficie secteur agricole de qualité avec des productions riches et diversifiées. Elle occupe le 2e rang des régions françaises pour sa contribution à la valeur ajoutée agricole et le 1er rang concernant la valeur ajoutée agro-alimentaire. La production y est dominée par la viticulture, les céréales et les cultures industrielles. De plus, l’élevage, qui n’assure que 20 % de la valeur, joue un rôle majeur dans le maintien des territoires. La forêt et la filière bois constituent dans les territoires des trois régions historiques des enjeux agricoles majeurs. Faisons de la mise en réseau des acteurs de l’industrie agroalimentaire et de la filière Bois un levier de croissance en synergie avec la profession agricole pour une meilleure transformation des productions.

Participer à une nouvelle organisation des services au public

Dans la suite des décisions du comité interministériel aux Ruralités de Vesoul mettons rapidement en œuvre un vaste réseau de maisons de services au public pour répondre aux besoins de services des habitants des territoires ruraux et faciliter les démarches les plus courantes, notamment en matière d’emploi et de prestations sociales. Les projets des maisons de service public sont portés par les collectivités locales et certaines s’inscrivent dans un partenariat avec La Poste. L’accès aux soins et le développement de l’exercice coordonné de la médecine sont tout autant une nécessité.

C’est pour moi une priorité de cette d’année 2016 que les préfets de département élaborent conjointement avec les présidents des conseils départementaux des Schémas départementaux d’amélioration de l’accessibilité aux services au public.

Nous avons tous écouté les hommes et les femmes des territoires ruraux s’interroger à haute voix et dans les urnes sur l’attention que nous leur portons. Ils ont su inventer des modes de vie et d’échanges solidaires, des circuits courts et surtout ils sont enracinés dans un terroir. Mais ils nous interpellent sur le fonctionnement d’une société où leurs références ne sont plus la norme évidente où l’autre est vécu comme un danger potentiel où la croissance semble passer à côté d’eux.

Renforcer la cohésion sociale

C’est aussi la cohésion sociale qui répondra aux inquiétudes de nos concitoyens, au sentiment d’abandon dans les territoires ruraux ou les quartiers de politique de la ville. Afin de prévenir la radicalisation et de lutter contre l’exclusion des jeunes en milieu urbain, les actions en faveur des quartiers Politique de la Ville menés par l’État seront multipliées au cours de l’année 2016. La région qui compte 116 QPV et 11 zones franches urbaines ZFU, s’est vue attribuer 69M€ pour les quartiers d’intérêt régionaux (soit 8,5 % de l’enveloppe pour la métropole). Le forum régional de la rénovation urbaine que nous organisons le 12 janvier ici à Strasbourg avec l’ANRU est le signal de notre forte ambition de renforcement des valeurs de la cohésion sociale, de la laïcité et du respect de l’autre, propres à notre République.


Mesdames et Messieurs,

Croyez bien que le service de l’État exige naturellement de ses représentants de demeurer en toute circonstance des acteurs déterminés de l'intérêt général, conscients de la force des valeurs du service public qui sont les nôtres et inspirent notre engagement dans la fonction publique.

Représenter l’État, servir la République nous demande ainsi instamment, de veiller :

- au respect et à l'application de la loi,
- de faire preuve de rigueur et de sens de la mesure dans l'appréciation es situations,
- d’œuvrer avec une conscience claire du cadre et du contexte de notre action.

A ce titre, c'est une image déterminée et osée, bien comprise et claire de l'action de l’État à laquelle nous devons sans cesse lucidement veiller :

- un État régalien assumant ses responsabilités sur le territoire régional, porteur d'une vision juste, équilibrée et proportionnée de ses missions pour garantir l'ordre républicain,
- un État stratège, qui prépare l'avenir, avec les collectivités et les forces vives du territoire régional ;
- un État garant du vivre-ensemble, au titre des missions de cohésion sociale, en lien avec tous ses partenaires ;
- un État qui impulse et applique en région les politiques publiques gouvernementales ;
- enfin et surtout, un État proche, identifiable, personnalisable : la proximité, l'accueil du public, la simplicité du contact mais aussi la dématérialisation correspondant naturellement aux attentes de nos concitoyens.

C'est à la lumière de ces principes qui guident notre action que je veux réaffirmer, devant vous, à mes équipes ma fierté de diriger l'action des services de l’État dans le Bas-Rhin et dans notre nouvelle région, tant je sais pouvoir m'appuyer au quotidien sur des fonctionnaires engagés dans leur mission, au profit de nos concitoyens. Cette fierté, je la partage avec mes collègues préfets des autres départements de la région dont je salue l'action et que je remercie de leur présence.

Sur chacun des sujets, prioritaires pour l’état et les collectivités et institutions que vous représentez, le partenariat est une méthode de travail que nous avons élaborée et éprouvée. C'est un mode d'action nécessaires, qui s'exprimera encore en 2016.

Mesdames, Messieurs – il y a exactement soixante ans, Pierre Mendès France, au terme de son ministère, livrait ces enseignements de son action : « Des forces qui s'ignoraient ont affirmé leur présence. Nées du mouvement, elles commandent à leur tour le mouvement dont surgira la France, telle qu'elle se veut, forte et prospère, lucide et courageuses, confiante dans son destin et fervent dans son aspiration à la justice et à la paix ». Puissent ces lignes trouver un écho dans les temps présents.

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Mesdames et Messieurs, j’ai été sans doute trop long…mais je tenais à vous rappeler, dans la période difficile que traverse notre pays, combien l’État est à vos côtés dans la proximité de nos territoires. Le Président de la République a terminé ses vœux en rappelant que "l’important est ce que l’on fait". À vous, aux acteurs de la vie politique, administrative, judiciaire, religieuse, économique, sociale et associative de la région, je souhaite de continuer dans l’excellent travail que vous menez au quotidien pour faire vivre et progresser notre société.

Bonne année 2016

Vive la République, vive la France !